Gérard Larcher, ancien ministre délégué à l’Emploi, au Travail, et à l’Insertion professionnelle des jeunes
« Un sujet qui me tient à cœur, pour des raisons d’engagement d’élu et d’engagement personnel », pose tout de suite Gérard Larcher, à propos de l’insertion professionnelle des travailleurs handicapés. C’est ainsi, « avec passion, mais sans compassion », que l’ancien ministre délégué à l’Emploi, au Travail, et à l’Insertion professionnelle des jeunes s’est attelé à la mise en œuvre de la nouvelle loi, dès son arrivée au gouvernement en juin 2005.
Deux constats s’imposent alors très vite : le taux d’emploi effectif des salariés en situation de handicap dépasse à peine 4%, malgré l’obligation légale déjà en vigueur depuis près de deux décennies. Et le chômage des personnes handicapées demeure deux fois plus élevé que celui de la moyenne de la population. « Ces chiffres montraient alors à la fois la nécessité de la loi de 2005 et celle de la poursuite du travail que nous faisions avec l’Agefiph. Il fallait, il faut toujours, maintenir cet effort permanent d’accompagnement et de mise en place des mesures appropriées », précise Gérard Larcher.
Avec une volonté : mobiliser l’ensemble des acteurs. « On peut faire tous les textes et toutes les lois, ce n’est qu’ainsi que l’on obtient des résultats opérationnels. » Tous les représentants du service public de l’emploi ont donc été appelés à apporter leur concours, qu’ils dépendent de l’État ou des partenaires sociaux. « Je crois vraiment au paritarisme, et pas uniquement dans les discours », insiste cet homme de terrain. Il demande notamment à l’ANPE de désigner dans chaque bassin d’emploi un « référent handicap », et veille à ce que les programmes départementaux d’insertion professionnelle des travailleurs handicapés soient dynamisés et élargis à de nouveaux acteurs, comme les conseils généraux.
Il était d’autre part primordial, selon Gérard Larcher, d’aborder la question du handicap sous deux angles combinés, pour des raisons d’efficacité : « le droit commun applicable à tous d’une part, les mesures spécifiques d’autre part ». Un exemple : la loi du 11 février 2005 pose des principes généraux essentiels pour les personnes handicapées, comme la non discrimination ou l’obligation de négocier régulièrement des accords sur l’emploi des travailleurs handicapés. Mais c’est une loi plus générale qui met en œuvre les nouveaux dispositifs de droit commun de la politique de l’emploi, à savoir la loi de programmation pour la cohésion sociale de janvier 2005.
Gérard Larcher a veillé à ce que la mise en œuvre de cette loi intègre l’objectif d’emploi des personnes handicapées. Ainsi, de nombreux dispositifs de droit commun ont été directement utilisés dans cette perspective : ainsi, en 2006, 9 % des contrats avenir, près de 10 % des contrats d’accompagnement vers l’emploi, et quelque 14 % des contrats initiative emploi ont bénéficié à des personnes handicapées. « Au cumul, on atteint les 35 000 contrats dans l’année », souligne Gérard Larcher.
Au niveau « spécifique », beaucoup d’avancées ont été rendues possibles par la loi de février 2005 : par exemple, grâce à la mise en place des Maisons départementales des personnes handicapées, qui constituent un « guichet unique d’accès aux droits et prestations, permettant l’évaluation de la capacité professionnelle et l’orientation sur le marché du travail ». Elles doivent permettre l’amélioration et le raccourcissement du parcours d’insertion professionnelle des personnes handicapées. « Pour chaque personne handicapée en recherche d’emploi, le projet d’insertion professionnelle doit être bouclé en moins de six mois », indique Gérard Larcher. Autre exemple, le développement du programme Handicompétence de l’Agefiph – dans lequel 155 millions d’euros vont être investis sur la période 2006-2010 – permet un effort particulier sur la formation professionnelle des personnes handicapées.
Au centre de la plupart de ces dispositifs ? L’Agefiph. « Une œuvre du paritarisme, dirigée vers l’action, avec des femmes et des hommes complètement passionnés par ce qu’ils font », juge Gérard Larcher, en rappelant que de la création de l’Agefiph à 2007, on est passé de 7 000 à 110 000 insertions de personnes handicapées chaque année. « Et pour ce qui est de la mise en œuvre de la loi de 2005, je trouve que l’Agefiph n’a pas perdu de temps. On a même parfois devancé les décrets… C’est ce qui me paraît emblématique d’une grande dynamique. »
Extrait du livre Vingt ans d’engagement, vingt ans d’action – 2007

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