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FNSEA

logo FNSEADans le monde agricole, traditionnellement, la notion d’entraide a toujours existé. Et cette solidarité est aujourd’hui préservée, malgré les évolutions rapides du secteur. « On ne stigmatise pas, on ne raisonne pas en terme de handicap. La personne avec des déficiences est intégrée aux travaux de la communauté. On n’abandonne pas quelqu’un sur le bord de la route », confirme Muriel Caillat de la FNSEA, la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles, et siégeant à ce titre au conseil d’administration de l’Agefiph depuis 2000.

Une réalité bien connue des associations, notamment celles relatives au handicap mental. Pour elles, bien souvent, le milieu agricole offre les meilleures possibilités d’intégration par le travail, où la nature concrète des travaux, menés au rythme des saisons, apporte à la personne handicapée des repères immédiats et tangibles.

Les liens humains sont plus faciles à établir dans de petites unités. Parmi les 130 000 exploitations agricoles que regroupe la FNSEA, moins de cinquante d’entre elles comptent plus de 50 salariés, et elles ne sont que 5 000 avec plus de 20 personnes. Les autres – très majoritaires, donc – ne sont pas soumises à la loi de 2005. Il s’agit alors d’une décision individuelle de l’exploitant que d’assumer ses responsabilités face au handicap. « On le fait. C’est tout. Le monde agricole est comme cela », résume Muriel Caillat.

Travail non salarié, renfort saisonnier, le secteur regroupe, il est vrai, des réalités complètement différentes. « La relation avec le salarié handicapé se passe avant tout à l’échelle de l’individu, géré comme une partie intégrante de la vie. Cette forme d’engagement me semble parfaitement dans l’esprit de la loi. » Pour autant, les adaptations techniques existent. « Salle de traite, conduite de tracteur, aménagements divers, l’accompagnement des agriculteurs est souvent porté par la Mutualité sociale agricole, notre régime de protection sociale », explique Muriel Caillat. L’instance, composée à 80 % de membres de la FNSEA a développé une réelle culture de la prévention du risque, avec des « préventeurs » dédiés. Dans le secteur agricole, le moindre accident devient en effet lourd de conséquences. « Un accident de travail comme le renversement d’un tracteur, un problème physique dû au vieillissement, que l’on soit reconnu handicapé ou non, ces bouleversements se traduisent instantanément en bouleversements pour l’activité ».

Arrivé en 2000, Muriel Caillat estime être « l’un des administrateurs les plus prudents » de l’Agefiph. « Il vaut mieux prendre le temps de se poser, d’envisager tous les contextes », considère-t-elle. Aussi, ces dernières années, des commissions de travail spécialisées sont-elles apparues. Elles permettent aux membres des différents collèges d’analyser les situations et de se positionner, en amont de la prise de décision finale. « Le pilotage de l’Agefiph est quelque chose de très sensible, poursuit l’administratrice. Entre la compréhension de la stratégie, les propositions de la structure, les relais opérationnels, les demandes des partenaires, les enjeux politiques, j’ai rarement vu un tel engrenage d’éléments différents. »

Un exercice de style où les administrateurs eux-mêmes oscillent entre leur implication dans les décisions opérationnelles – pour faire avancer l’insertion professionnelle des personnes handicapées – et celle de représentants d’organisations – révélant des points de vue différents. Ce qu’exprime ainsi Muriel Caillat : « Je ne peux pas ignorer que ce sont les entreprises qui financent. Je ne peux pas oublier non plus qu’elles ne sont pas là pour ne faire que des œuvres humanitaires. Humainement, je comprends les objectifs de la loi, en tant qu’administratrice de l’Agefiph ¬également bien sûr. Mais les pouvoirs publics refusent d’écouter quand on dit que 6% d’obligation d’emploi, c’est irréaliste. On est en train de créer indirectement une sorte d’impôt sans lui en donner le nom. Est-ce aux entreprises de payer la solidarité ou à l’État ? »

Voilà pour les principes. Les initiatives concrètes s’inscrivent dans une même logique : « Tant que l’on reste dans les limites de la loi, il est possible d’assumer la gestion. Notre objectif commun est de favoriser l’intégration dans le milieu ordinaire du travail. C’est cela la mission d’origine de l’Agefiph et, de ce point de vue, la loi de 2005 n’y a rien changé. Pour notre action, c’est un point de repère. Et son avantage, c’est qu’il est consensuel. Il nous permet d’être efficaces. »


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