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logo CGPME« Ce que fait l’Agefiph aujourd’hui est irremplaçable, estime Jean-François Veysset, vice-président de la CGPME, en charge des affaires sociales. Cela étant, nous souhaitons que ses dispositifs s’adressent toujours avec pertinence aux petites et moyennes entreprises. N’oublions pas qu’elles représentent 95 % du tissu économique et concentrent plus des deux tiers de l’emploi occupé. Leur contexte est très différent de celui des grands établissements. »

La distinction explique les réserves de la CGPME face aux lois handicaps de 1987 et de 2005. « Regardons la réalité en face. Selon les contraintes de l’implantation, les marges souvent faibles, il est difficile pour les PME de dégager les moyens de répondre aux textes légaux et réglementaires », continue le responsable syndical, également membre du Conseil Economique et Social.

« C’est pourquoi nous avons demandé que les entreprises impliquées dans un effort progressif ne se voient pas appliquer des pénalités disproportionnées, aussi lourdes que celles qui ne font rien. » D’ailleurs, pour la CGPME, un contexte de chartes et de recommandations incitatives, et non de décrets coercitifs, serait beaucoup plus raisonnable.

Jean-François Veysset insiste parallèlement sur l’importance du sujet handicap pour les PME, qui ouvre même la voie à d’autres différences, comme celles des seniors. « Sur ces sujets, notre démarche est d’entraîner les entreprises à se remettre en cause, car nous sommes persuadés que celles qui n’évoluent pas se condamnent. » La responsabilité, ainsi, est bien plus sociétale que sociale, avec une entreprise qui évolue au rythme de son propre environnement.

Individualiser l’approche. Tel est d’ailleurs le leitmotiv défendu par cette confédération à taille humaine, souple, réactive et partisane de l’action concrète. Un choix de la proximité, valable pour l’entreprise comme pour tout salarié handicapé. Une volonté de se montrer positive et ouverte à toutes les bonnes pratiques qui méritent d’être partagées.

Les « Matinales de l’emploi Handicap » – créées début 2000 en Loire-Atlantique avec le concours de l’Agefiph – en sont la parfaite illustration à l’échelle locale. À la CGPME des Pays de la Loire en l’occurrence, première organisation régionale avec plus de cinq mille adhérents.

La formule, audacieuse et à notre connaissance inédite, vise à démystifier le handicap. À faire tomber le masque de ce qui est encore vu comme un « problème », pour en parler plus librement. Organisée plusieurs fois par an, cette matinale réunit une trentaine de personnes, chefs d’entreprise et personnes handicapées. Au fil d’une discussion d’égal à égal, sans obstacle ni tabou. « Les gens prennent confiance, s’expriment, se découvrent, dédramatisent la situation, sur des sujets qui peuvent être difficiles », précise Philippe Moreau, président CGPME des Pays de la Loire.

« Notre démarche, à mi-chemin entre la sensibilisation et le groupe de parole, est faite pour supprimer les a priori. Il y a toujours des chefs d’entreprise présents aux rencontres précédentes qui aident les nouveaux venus à intégrer cette démarche d’ouverture. Au-delà du handicap visible ou non, la richesse des échanges fait que la personne handicapée révèle sa capacité, ses compétences… bref, ce que l’entreprise recherche chez n’importe quel salarié. Les résultats sont étonnants. »

Autre déclinaison locale de ce souci permanent de « personnalisation » : la convention triennale 2006/2008 signée entre la CGPME Rhône-Alpes et l’Agefiph. L’idée consiste à élargir systématiquement la démarche de recrutement des PME aux demandeurs d’emplois handicapés. L’objectif : qu’au moins une offre d’emploi, de stage ou d’intérim soit transmise par entreprise et par an aux opérateurs des Cap Emploi régionaux. Trois chargés de mission handicap intégrés à la CGPME renforcent le dispositif, dans l’analyse du poste et de l’environnement de travail, et interviennent dans la présélection des candidats.

Dans le parcours des personnes handicapées, la CGPME suggère également de prévoir des possibilités d’allers et retours, « comme on le fait avec les apprentis », remarque Jean-François Veysset. Avec l’appui d’un centre de formation, les personnes handicapées pourraient alors s’initier à l’entreprise. « Voilà une logique qui irait dans le sens de la responsabilité “normale”, sans obligation, ni angélisme. » Pour apprendre à travailler encore davantage ensemble.


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