CFTC
« Porter un regard autre que compassionnel sur les personnes handicapées. » Toute l’ambition de la CFTC est affichée haut et clair dans une publication essentielle, intitulée Le statut du travailleur. Avec une ambition : « la sécurisation des parcours de vie ». Ce projet de pacte social propose la continuité des droits de chacun – rémunération, formation, protection sociale, retraite, etc. –, indépendamment des mobilités et des ruptures. « Nous sommes convaincus que tout salarié, handicapé ou valide, est avant tout une personne qui a droit au respect et à la dignité, affirme Jacky Dintinger, le secrétaire général de la confédération. Cette priorité intègre autant l’insertion que la formation continue ou l’accompagnement des familles. Car les enfants en situation de handicap, aujourd’hui, feront les adultes en demande d’emploi, demain. »
La Commission de la personne en situation de handicap, l’une des rares commissions permanentes de la confédération, incarne cet engagement. Afin d’envisager toutes les situations, visibles ou plus difficiles à percevoir, cette commission s’est dotée d’une cellule de veille rassemblant les délégués siégeant dans les instances régulières telles que l’Agefiph. Un autre dispositif, beaucoup plus récent puisque « officiellement lancé en mars 2007 », précise Jacky Dintinger, est celui du réseau de référents handicap. Bâti autour d’une centaine de militants situés au niveau départemental, régional ou par fédération, ce maillage de proximité assure le relais, la présence humaine indispensable.
La journée consacrée, en novembre 200,5 à l’insertion professionnelle des personnes handicapées, organisée lors du 49e Congrès de Bordeaux, a constitué assurément un moment fort pour la CFTC et marqué une prise de conscience collective. Avec des avancées symboliques : « C’est là où, pour la première fois, le rapport d’activité a été intégralement traduit en langage des signes, une première. »
À cette occasion, la CFTC a également renouvelé sa convention la liant à l’Agefiph, la quatrième depuis 1990. « Ce cadre est dynamisant, il apporte des moyens et permet d’agir à une ampleur plus importante », confirme le secrétaire général. Il lui permet de s’engager dans la ¬sensibilisation, l’information ou la formation au travers d’un centre agréé, à destination de ses militants. Mais aussi de réaliser concrètement de nombreuses actions plus ponctuelles, personnalisées, souvent initiées par la base. « Quelque chose de neuf s’est mis en route, complète Jean Marie Faure, administrateur de l’Agefiph au collège des salariés, pour la CFTC. Les mentalités bougent, il y a une ouverture. Toutes les remontées du terrain nous l’indiquent. »
L’objectif est que disparaisse la stigmatisation de la personne handicapée, qu’elle se dilue dans l’entreprise comme n’importe quel salarié. Jean-Marie Faure précise d’ailleurs que « le rôle de l’accompagnateur est de s’effacer à un moment donné. Lorsque l’Agefiph en arrivera là, c’est que nous aurons gagné ! »
Pour autant, « la différence ne doit pas créer l’indifférence », se plait à rappeler le délégué CFTC. « Les mesures prises doivent être souples, intelligentes, vivantes. » Cette recherche de la proximité avec la personne avec son lot d’échanges pour construire, « une sorte de respiration », est une constante au sein de la confédération.
« Comme à l’Agefiph, analyse l’administrateur CFTC, une association de droit privé, autonome, avec des comptes à rendre aux pouvoirs publics mais qui prend ses décisions par elle-même. Cela crée un espace particulier, privilégié, où l’intérêt supérieur de répondre à la personne en situation de handicap est respecté. On ne s’oppose plus entre collèges d’employeurs ou de salariés, on partage des idées. Car notre responsabilité est d’agir, en trouvant le compromis qui se révélera le plus efficace. Concrètement et pour la personne. »

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