CFE-CGC
La CFE-CGC regroupe 160 000 cadres, ingénieurs, techniciens et agents de maîtrise. Ce syndicat revendique « le droit d’alerte, le droit au débat » explique Jean-Louis Walter, son secrétaire général de 1999 à 2006, avec, à la clé, un parcours syndical de plus de vingt ans au sein de cette entité qui fait partie du conseil d’administration de l’Agefiph, il est aujourd’hui président de l’Agirc.
« La CFE-CGC cherche plutôt à concilier les exigences de l’entreprise et celles de ses salariés. Il ne s’agit pas de co-gestion, ni de se substituer au chef d’entreprise, qui reste seul responsable de ses décisions. Notre travail porte en particulier sur la prévoyance, l’anticipation des risques pouvant survenir demain ou après-demain. »
L’aspect social, handicap inclus, est perçu à ce titre comme particulièrement important. Dans un climat désormais propice à l’intégration, à la lutte contre les discriminations, le handicap représente de fait une opportunité, « un pavé dans la mare de la discrimination », estime Jean-Louis Walter, sur lequel il faut s’appuyer pour faire bouger les choses.
« Regardez, poursuit-il, en 20 ans d’Agefiph, comment celle-ci a pu aider à prendre des initiatives, signer des accords, inventer des dispositifs autour de cette seule question. Les bonnes pratiques d’intégration du handicap doivent désormais servir d’exemple pour la diversité. Impossible alors de dire “oui, mais, on ne peut pas…”, n’est-ce pas un vrai tournant ? »
« Dans les années 70, le standard téléphonique étaient quasiment l’un des seuls endroits adaptés, pour lequel on embauchait des aveugles. Aujourd’hui, dans des ateliers en usine, au sein de services de toutes sortes, il est possible d’accueillir des salariés handicapés », observe le syndicaliste, également ingénieur concepteur en ergonomie.
Le guide « spécial handicap » et celui consacré à la négociation des accords d’entreprise pour l’emploi des personnes handicapées, tous deux parus en 2006, sont un peu des « particularités maison » de la CGE-CFC. Edités sous l’égide de Jean-Louis Walter, ces modes d’emploi thématiques cherchent à faire le tour de la question technique, juridique, pratique, pour des résultats concrets : « Ces guides permettent à nos délégués syndicaux d’avoir sous la main tout le nécessaire pour avancer sans attendre », par exemple à travers la fourniture d’accords-types déjà signés dans d’autres entreprises.
« L’emploi est quelque chose de primordial pour exister dans la société, pour l’équilibre de chacun. C’est pourquoi la mission de l’Agefiph, l’insertion du demandeur d’emploi et des personnes handicapées est essentielle. Une démarche performante va consister ainsi à adapter le poste à la personne handicapée recrutée. Car si l’entreprise l’a choisie, ce doit être au nom de ses compétences, et surtout pas pour occuper un poste réservé à cette fin », réaffirme Jean-Louis Walter. Une question de principe.
Offrir les mêmes chances à chacun, dans l’esprit de la CGE-CFC, cela n’empêche pas de compenser, de combler les manques. Mais sans tomber pour autant dans l’excès inverse : la discrimination positive. Une forme de concurrence déloyale, qui plus est synonyme d’une stigmatisation accrue même si elle est parfois vue comme « politiquement correcte ». « La compétence doit être la clé d’entrée du handicap dans l’entreprise, poursuit l’ancien secrétaire général. D’autant que les solutions existent. Les modes d’organisation et les nouvelles technologies permettent vraiment de s’adapter au quotidien de la personne. Même le télétravail a fait des progrès considérables. Il n’y a plus d’excuse aujourd’hui à ne pas faire. »

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