CFDT
Avec Rémi Jouan, ancien secrétaire national de la CFDT, comme président sortant de l’Agefiph, il est clair que l’engagement de ce syndicat en faveur de l’emploi des personnes handicapées est un sujet de longue date.
« L’égalité professionnelle et le refus de toutes les discriminations font partie des valeurs fondamentales de la CFDT », confirme Jean-Louis Malys, actuel secrétaire national de la CFDT et responsable Santé au travail, Vie au travail et Handicap. « Or le handicap a eu le mérite de nous sensibiliser très tôt aux questions de discrimination, poursuit-il. D’autant qu’il concerne beaucoup plus de monde qu’on ne l’imagine, ne serait-ce que parce qu’il peut s’acquérir au cours de la vie. »
Au fil des années, la CFDT s’est doté d’un plan de formation « Handicap », structuré et particulièrement complet, conçu au service de ses militants. « Les programmes vont de plusieurs jours dédiés à la question, à des modules d’initiation intégrés à des formations de délégué du personnel, de CE ou de CHSCT par exemple », explique Jean-Louis Malys, classeur pédagogique en main.
« Cette boîte à outils permet d’avoir une information à trois niveaux : l’une qui sensibilise et s’adresse tous les militants ; l’autre destinée à celui qui épaule les militants en entreprise et doit disposer de tous les éléments et fiches techniques ; la dernière enfin au niveau des responsables régionaux et fédéraux qui travaillent sur le sujet à temps plein. »
Une démarche entamée en 2001, avec la première convention signée par le syndicat avec l’Agefiph, « qui nous accompagne avec efficacité dans plusieurs domaines. Ceci explique la présence de la signature Agefiph sur de nombreux documents internes relatifs au handicap. Il est clair que nous bénéficions de leur expertise pour toujours mieux connaître ce sujet et mettre en œuvre les actions concrètes sur le terrain. »
L’ancrage de la CFDT dans le milieu enseignant lui a permis aussi de développer un engagement spécifique en faveur de l’accès à l’éducation des enfants handicapés. « Le droit permet à ces enfants et jeunes adultes d’être insérés dans l’école ouverte à tous. Encore faut-il que les professeurs et les éducateurs aient les moyens d’accompagnement nécessaires, résume le responsable syndical. De nouveaux métiers se développent, comme les auxiliaires de vie, et nous y travaillons avec les fédérations de services et d’aide à la personne. »
« L’âme du syndicalisme, ce sont à la fois la revendication et le dialogue social. C’est pourquoi les accords d’entreprise doivent être privilégiés, estime Jean-Louis Malys. Maintenant, nous avons le sentiment qu’il faudrait être beaucoup plus exigeant sur leur qualité, avec des objectifs chiffrés, évaluables, et de véritables investissements financiers. Et peut-être un contrôle externe. Les bonnes intentions ne suffisent pas. »
L’objectif : ouvrir l’entreprise à l’image de la société, « toutes les couleurs de la société », avec une égalité professionnelle réelle, sans discrimination de handicap, d’âge, de sexe, d’origines réelles ou supposées. Pour cela, il faut « une véritable volonté d’action syndicale pour avancer, en complémentarité avec les associations qui ont une légitimité par rapport au handicap. »
« La vraie opposition, c’est l’inertie ».

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