Promouvoir un habitat écologique
Ses grandes mains découvrent le seau métallique recyclable qui contient une pâte blanche, souple et grasse comme du nougat. Il la regarde, avec fierté : elle symbolise la vie qu’il a choisie depuis plusieurs années. Une vie que Marc Figoli a voulu tournée vers le développement durable, le respect de la planète, et plus précisément vers l’habitat écologique.
Car cette pâte n’est autre que de la chaux : un matériau de construction à la fois « noble, naturel et sain » qui sert à réaliser des peintures, mais aussi des enduits, des stucs. Un matériau qui a traversé les époques sans jamais se démoder, « un liant à la fois naturel et écologique, très ancien, connu depuis plus de 4000 ans ».
La chaux a en effet été utilisée sous toutes ses formes : du mortier du Panthéon de Rome aux cathédrales gothiques, aux stucs des temples de Delphes ou de l’Acropole d’Athènes… Mille et une raisons de croire dans la valeur, la pérennité et l’efficacité de ce matériau naturel. Et dont Marc Figoli va fortement s’inspirer.
Car il est du métier, Marc. Pendant près de trente ans, ses mains ont scié, cloué, moulu, malaxé… en un mot, bâti. Il a « usé » son corps au point d’avoir « les épaules broyées, les tendons usés et de sérieux troubles musculo-squelettiques » ! Cela lui a valu d’abord un arrêt de maladie, puis un constat douloureux mais réaliste : « changer de métier, tourner la page ».
Facile à dire, mais pas à vivre lorsque l’on a cinquante ans… Il se tourne alors vers l’Agefiph qui le conseille. « Je voulais mettre à profit mon expérience et m’investir dans un projet qui corresponde à mes convictions et mes compétences. Or, dans le bâtiment, les matériaux de construction sont la plupart du temps toxiques, et j’étais contre. »
L’Agefiph va alors l’encourager à définir son objectif : travailler « à la fois dans la production, dans la recherche et comme un artisan, dans un atelier ». Puis, elle lui propose de l’épauler pour se lancer, seul, dans du 100% écologique, en créant sa propre entreprise. Il l’appellera « Pozzo Nuovo », parce qu’elle est l’expression de son « nouveau départ » dans sa vie professionnelle.
Cette création évoque chez lui un « vrai parcours du combattant : je m’attaquais à un marché peu connu en France, le processus n’étant réalisé à l’heure actuelle, que par de rares artisans. Je ne pouvais pas calquer ma création d’entreprise sur une structure déjà existante ». Il doit donc tout inventer : de A à Z. Et commence par l’atelier de fabrication. Un « atelier logique » que l’Agefiph va aider à aménager pour « gommer » son problème d’épaules.
La chaux en pâte est devenue le symbole du combat de Marc Figoli. Car il désire également montrer du doigt « que nous importons souvent la chaux de pays où la main d’œuvre artisanale est très peu rémunérée ». Résultat : il va s’attacher à produire « sa » chaux « sur place ». Depuis l’extraction du calcaire dans sa région – « le quart sud-est de la France » –, jusqu’au mélange et au conditionnement : « toutes les techniques employées sont ancestrales et artisanales » et surtout « tout le processus respecte l’environnement ».

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