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Ben & Jerry’s

logo Ben & Jerry’s(…) Des entreprises tiennent à s’illustrent dans des initiatives socialement très avancées : Ben&Jerry’s est de celles-là. Producteur important de crèmes glacées, ce groupe aurait pu se contenter de gérer son personnel classiquement, comme le font ses concurrents.

L’orientation de ses fondateurs fut totalement différente. Depuis quinze ans, ceux-ci ont défini la «vision de l’entreprise » autour de ses produits et de ses objectifs de développement, certes, mais surtout autour de sa «mission sociale », ce qui fait son originalité. Il est précisé que «ces trois axes doivent se développer et interagir harmonieusement, en garantissant un profond respect pour l’individu, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise, ainsi qu’un soutien aux communautés dont ils font partie ».

Ben&Jerry’s promeut également des « valeurs de progrès» qui sont sans ambiguïté : «Le capitalisme produit des richesses sans créer des opportunités égales pour tous. Nous sommes conscients que l’écart entre les riches et les pauvres, tel qu’on le constate actuellement, est le plus important
depuis les années 20. Nous nous emploierons à aménager de nouvelles possibilités professionnelles pour ceux qui ont été écartés. Nous proposerons de nouveaux modèles d’équité économique qui soient à la fois pérennes et transposables».

Depuis son acquisition par le groupe Unilever en 2000, ces principes ont été confirmés, ce qui est un bel exemple d’autonomie culturelle préservée. Mais ils n’amènent pas pour autant Ben&Jerry’s à nier la réalité économique : ils influent sur la prise de décision et la manière de faire. Deux
sites de fabrication et de distribution ont ainsi dû être cédés, mais l’auditeur social indépendant – le même depuis huit ans – souligne dans son rapport officiel : «Ces deux fermetures, effectuées pour des raisons d’efficacité opérationnelle, ont été menées d’une façon exemplaire. Plusieurs employés se sont vus proposer par Ben&Jerry’s des transferts de postes dans d’autres unités, et ceux qui ont quitté la société ont reçu des indemnités généreuses. Le groupe s’est aussi attaché à trouver des repreneurs pour les structures en place, afin de préserver les emplois restants grâce à de nouvelles activités et les taxes pour les communautés locales».

Depuis 1990, les dirigeants de Ben&Jerry’s effectuent une enquête interne concernant la «vie au travail» de leurs employés. Avec une participation presque totale aux questionnaires, ils obtiennent un état des lieux d’une redoutable pertinence, qui montre surtout l’intérêt de la «mission sociale» qu’ils ont définie. Malgré le rachat de leur entreprise, voici trois affirmations qui recueillent chacune entre 90 et 95 % de réponses positives : «Je suis fier de faire partie de la société », « Je comprends clairement en quoi mon travail contribue aux objectifs de mon département », « J’ai la conviction que ma société est un acteur responsable de ma communauté». Ces résultats se passent de commentaires…

Ben&Jerry’s pratique couramment la coopération avec des entrepreneurs sociaux, avec pour objectif d’étayer sa «mission sociale », mais aussi parce qu’il y a «constamment à apprendre» de ces partenariats, selon ses dirigeants, et que cette entreprise cherche à influencer ses modes de management en effectuant un échange d’expérience sur des opérations menées en commun. Une initiative a ainsi été prise, sous le nom de PartnerShops. Elle vise à offrir des opportunités d’emploi ou de formation à de jeunes adultes qui n’ont pas les mêmes chances que les autres. Des boutiques sont alors ouvertes, en coopération avec des entrepreneurs sociaux qui ont la capacité d’identifier localement, de former et d’intégrer ces jeunes défavorisés au monde du travail.

Ben&Jerry’s fournit le magasin clé en main ainsi qu’une aide à la gestion, tandis que l’association se charge du travail d’accompagnement de ces employés pas comme les autres. Le personnel d’encadrement de Ben&Jerry’s acquiert ainsi une expérience différente dans ces points de vente, de même que les jeunes qui y sont formés peuvent se voir proposer un emploi dans un autre service, selon les disponibilités. Il y a donc osmose entre deux univers qui se côtoient couramment. Les revenus tirés de l’activité commerciale reviennent à l’association qui les utilise à sa
convenance pour ses différents projets.


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